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 Dali

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kjbac

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MessageSujet: Dali   Lun 8 Jan 2007 - 18:59

Pour que ça fasse venir toto qui nous avait promis un beau sujet..... ca devrait le motiver...Wink












_________________
Parce que moi ça y est, j'ai les nerfs qui commencent à vriller ! Je vous montre : moi je bondis comme ça, et je vous arrive dessus en piqué diagonal. Et là c'est l'hymne à la cruauté, hein, un autel dressé au culte de la barbarie !
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Epsilon

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MessageSujet: Re: Dali   Lun 8 Jan 2007 - 19:50

Faut admettre que ça déchire quand même !
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elvis

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MessageSujet: Re: Dali   Lun 8 Jan 2007 - 20:15

c'est phalique
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127
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MessageSujet: Re: Dali   Lun 8 Jan 2007 - 20:55

il est méchamment alumé, oui !
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Pirate74
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MessageSujet: Re: Dali   Lun 8 Jan 2007 - 21:25

La tentation de St Antoine est un de ceux que j'aime le plus. Faut le voir en vrai.

Observez les cieux, c'est un point fort de l'auteur.
J'ai commencé à amasser des trucs je vous ferais un topo comme promis
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Becassine

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MessageSujet: Re: Dali   Lun 8 Jan 2007 - 22:26

Si tu pouvais mettre les titres Kj.
Souvent ça apporte quelque chose au tableau Wink

Pendant une bonne periode, ma soeur était fan de Dali.
(Elle a eu sa licence d'histoire de l'art Razz )
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kjbac

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MessageSujet: Re: Dali   Mar 9 Jan 2007 - 1:48

Pour les titres, faut demander à Toto.... j'ai trouvé les tableaux par hasard et je ne suis pas spécialiste de Dali. Embarassed

_________________
Parce que moi ça y est, j'ai les nerfs qui commencent à vriller ! Je vous montre : moi je bondis comme ça, et je vous arrive dessus en piqué diagonal. Et là c'est l'hymne à la cruauté, hein, un autel dressé au culte de la barbarie !
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MessageSujet: Re: Dali   Mar 9 Jan 2007 - 1:49

J'éditerai le post
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FabulousFab



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MessageSujet: Re: Dali   Mar 9 Jan 2007 - 16:47

C'est mon peintre préféré!!! Complétement déjanté mais tellement de choses dans ses peintures!
Un autre, toujours avec des fourmis, au titre évocateur de "Le grand masturbateur" :
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MessageSujet: Re: Dali   Mer 24 Jan 2007 - 13:12

C’est long et je sais que vous ne lirez pas, mais j’avais promis Wink alors je vous fait deux versions…

1) VERSION COURTE

Salvador Dali
Artiste du surréalisme espagnol
Peintre, sculpteur et cinéaste
Né: le 11 mai, 1904
A: Figueras, Espagne
Décédé: le 23 janvier 1989
Lieu: Figueras, Espagne.


1924 Dali fut expulsé de L'Ecole des Beaux-Arts de Madrid ou il rencontra Luis Buñuel et Federico García Lorca.

1928 Salvador Dali a rencontré Pablo Picasso, Joan Miró et Paul Eluard à Paris.

1929 Dali collabora avec le réalisateur espagnol Luis Buñuel pour la réalisation des films Un Chien Andalou et L'Age d'Or.

1930 Il publia la Femme Visible

1932 Il participe à l'exposition des artistes surréalistes de Paris à New York et rencontre Gala, qui peu après est devenue sa femme et qui était à l'époque l'épouse de Paul Eluard.

1939 À cause de ses manifestations en faveur de Hitler et Francisco Franco, Dali fut expulsé du groupe des surréalistes et s'installa aux Etats-Unis.

1942 Salvador Dali publia son autobiographie, la Vie Secrète de Salvador Dali.

1955 Il finit une de ses ouvres les plus célèbres:The Sacrament of the Last Supper (National Gallery of Art a Washington).

1970 Rétrospective de Dali au Musée Boymans de Rotterdam

1974 Salvador Dali a crée son propre musée dans sa ville natale, Figueras.

1979 Très importante exposition des ouvres de Dali au Centre Georges Pompidou a Paris et à la Tate Gallery.

1989 Mort de Salvador Dali, il repose au "Theatro museo" de Figueras construit par lui même.


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Pirate74
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MessageSujet: Re: Dali   Mer 24 Jan 2007 - 13:15

2) VERSION LONGUE

Partie 1

Dans ScanDALIser, il y a DALI…

Neuf mois avant la naissance du peintre Salvador Dali, meurt à 21 mois son frère aîné, lui aussi prénommé Salvador... Son violent désir de remplacer ce frère adulé mort prématurément va bouleverser à jamais sa destinée.

L’ENFANT ROI

Expulsé du paradis intra-utérin, Savador, Felipe, Jacinto Dali Domenech, fils légitime de Don Salvador Dali y Cusi et de Dona Felipa Domenech naît dans la ville de Figueras le 13 mai 1904.

Situé en Catalogne, sur la côte méditerranéenne, proche de la frontière franco-espagnole, la région de l'Ampudan et plus précisement le mystérieux Cap de Creus va abriter et stimuler Salvador Dali tout le long de sa vie. Ces décors rocheux changeants au gré de la lumière et des saisons vont marquer à jamais l'imagerie du jeune peintre et représenter un havre de paix et de création et ce, jusqu'à sa mort.

Très tôt, Salvador prend conscience de sa place au sein de la famille. Deuxième fils, survivant d'un frère adulé mort en bas âge, Salvador va tout faire pour s'imposer comme l'unique fils de la famille et effacer le souvenir partout présent dans la demeure de ce frère, ce double. Très tôt il décèle les clés de son succès : la surprise permanente et la provocation...

S'affirmer différent pour effacer le souvenir de ce frère mort

Dans son autobiographie « La vie secrète de S. Dali<» Dali avoue complaisamment ses petits jeux pervers avec son entourage et se décrit comme un véritable « pervers polymorphe ». En plus d'uriner par plaisir chaque matin dans son lit, il s'efforçait de déféquer dans des lieux inattendus (tiroirs, chaussures, pots) puis lançait le signal des recherches à ses parents et domestiques paniqués...

Malgré sa timidité maladive, il pratiquait sans gêne l'exhibitionnisme avec comme victimes préférées les domestiques.

À six ans Salvador voulait être cuisinière insistant sur le genre feminin du terme.


À 7 ans, il voulait être Napoléon,
Trés tot, il montre un attrait pour les arts, Dali ne cesse d'observer les choses et les etres qui l'entourent. L'environnement familial est propice au développement artistique. Grâce à un ami peintre de la famille Ramon pichot, il découvre, l'art impressionniste espagnol.

Fasciné par cette peinture, des l'âge de 14 ans, il se proclame impressionniste. Plus que l'esthetisme c'est la philosophie meme du mouvement impressionniste qui le intéresse : La recherche de l'anti-académique et du révolutionnaire. Pour réinventer l'Impressionnisme, Dali se dote d'un objet magique. Un bouchon de carafe de cristal. Au travers, il voit le monde, et le restitue en peinture. Ses sujets favoris sont les paysages de sa région et des portraits de sa famille.

Dés 1918, il expose avec d'autres artistes locaux et s 'attire de bonnes critiques. Il tient des chroniques d'art dans la revue littéraire de sa région (Studium) où il vante les mérites des peintres de la Renaissance ( Leonard de Vinci, Raphael, Michel ange, Velasquez...)

Au grand désespoir de son père, Salvador est beaucoup plus préoccupé par ses recherches artistiques que par les études classiques des Frères Maristes.
Pour éviter le pire, en octobre 1921, il l'inscrit de force à l'école des beaux arts de Madrid, pour en faire au moins un professeur respecté. L'académie représente tout ce que dèteste Salvador et il s'opposera systématiquement à l'enseignement classique de ses professeurs, allant même jusqu'à se faire expulser 2 fois.

En effet, L'en foi roi idolatré par sa famille devient avec l'adolescence, un contestataire anarchisant, protestataire global par principe et en opposition sur tout avec tout le monde.

Son image de contestataire, le conduira presque malgré lui en prison (35 jours pour avoir soit disant brulé le drapeau espagnol) et faisant de lui un héro sur le plan local. Le mythe se forge progressivement entrainant la fureur de son père.

En 1918, le mère de Dali meurt, renforcant le traumatisme morbide qui ronge doucement Salvador.


LE TEMPS DE L’APPRENTISSAGE

Durant ces premières années d'études artistiques, dali en parallèle explore l'Art moderne, fait ses classes en analysant et reproduisant les grands maitres cubistes et futuristes. Il est fascine par Picasso, Chirico et Juan Gris.

Cependant toutes les influences artitisques et les emprunts qu'il fait ne durent guère plus que quelques toiles Néanmoins, c'est à partir de 1926 que S. Dali va affirmer son style si particulier.

Grâce à son talent naturel et malgré sa timidité maladive, il se lie d'amitié avec Garcia Lorca et Luis Bunüel, tous deux étudiants mais aussi leader des artistes «avant gardistes» espagnols.

Garcia Lorca (1898-1934) est un jeune poète écrivain, de près de 6 ans l'ainé de Salvador. Il dégage un charme naturel, il a le verbe haut et sait être convaincant.
Durant toute la période de l'académie de San Fernando, leur relation va être trés intense.
Homosexuel, Lorca va fleurter avec Dali cependant on ne saura jamais , compte tenu des affabulations de Dali ce qui se passa reellement. Leur amitié va decliner progressivement avec le rapprochement avec les surréalistes et surtout son l'influence croissante de Luis Bunuel.

Bunüel (1900 - 1983) : Moins intense et intime que la relation avec Lorca, l'amitié qu on entretenu les 2 artistes n'en est pas moins sincère et concrète. Luis déjà introduit dans les milieux artistiques parisiens va faire profiter de ses contacts à Salvador. Vindicatif et provocateur Bunuel, l'ange noir aragonais est un anticonformiste radical trés engager politiquement. «La nécéssité de manger n'excuse pas le prostitution de l'art.» « - je suis contre la moral conventionnelle, les fantasmes traditionnels, le sentimentalisme et toutes les saletés morales de la société.»
Dali et Luis Bunüel auront 2 projets majeurs en commun avant de se brouiller définitivement 2 films surréalistes Un chien Andalou, en 1928 et l'Age d'Or en 1930.

En 1922, Dali abandonne le cubisme pour s'interesser à l'ecole métaphysique de la peinture dirigée par Giorgio de Chirico qui explore le monde des perceptions et des expériences interieurs.


Le Temps des rencontres


En dehors du monde de la peinture, Dali est fascine par les sciences nouvelles et notamment la psychanalyse. En 1925, il étudie méticuleusement les oeuvres de Sigmund freud et voit dans ces travaux son salut et celui du surréalisme tout entier.

En 1927, avec l'appui de Joan Miro peintre influent lui aussi catalan, il reussit à faire accepter à son pere l'idée d'un voyage à Paris. Bien que trés rapide et assez frustrant, il garde de ce sejour 3 rencontres marquantes : Versailles, le Musée Grévin et Picasso. Dali rencontra Picasso dans son atelier. « je viens chez vous avant de visiter le Louvre, lui dit Salvador «Vous n'avez pas tord» lui retorqua Picasso.

En 1928 S. Dali et Bunüel écrivent conjointemant un scénario surréaliste pour un film que tournera Bunuel l'année suivante intitulé : Un chien Andalou. Bien que le résultat fut explosif médiatiquement « comme un poignard en plein coeur du Paris spirituel, élégant et cultivé» dali reste déçu du resultat.
Au printemps, 1929 Dali revient à Paris (invité par Bunüel pour le tournage ), et rencontre l'Élite avant-gardiste parisienne.

L'été suivant, répondant à son invitation, Magritte, Bunuel, Eluard et sa femme, Gala, lui rendent visite à Cadaqués. Malgré les troubles psychologique évident du jeune peintre, Gala est tout de suite séduite par Dali qui est tombé éperdument amoureux d'elle au premier regard.

À partir de ce moment, rien ne sera jamais plus pareil


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Pirate74
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MessageSujet: Re: Dali   Mer 24 Jan 2007 - 13:16

Partie 2

LES ANNEES 30 de la théorie à la pratique...


L'idylle foudroyante que vivent Gala et Dali n est pas du gout du père du jeune peintre. Dali refusant le mondre compromis est expulsé par son pére de la demeure familliale.
Presque sans un sou le couple Gala-Dali se refugie dans une petite maison de pêcheur de Port Lligat.

Les grandes douleurs engendrent les chefs d'oeuvres. Stimulé et soutenu à chaque instant par sa maitresse-femme, dali se met à peindre ses obsessions les plus profondes. Le thème du désir est prédominant dans les oeuvres de cette période. Avec la rencontre de Gala, Dali va découvrir et domestiquer un univers érotique stimulant et constructeur qui jusqu'alors le terrorisait.

Motivé sur tous les plans, Salavador Dali à force d'introspections et d'analyses va transformer ses psychoses qui le rongent en une méthode de création surréaliste révolutionnaire :

La méthode Paranoia-critique :

Les années trente amorce un tournant majeur dans l 'oeuvre de S.Dali. Le couple Gala-Dali se structure, construisant un environnement propice au développement artistique du jeune peintre.

Progressivement, sous l'oeil vigilant de Gala, Dali va s'affirmer au sein du groupe surréaliste, pour finalement en devenir l'acteur le plus brillant. En effet, Dali s'impose sur la scène médiatique, volant la vedette aux autres artistes à chacune de ses apparitions. Surmontant sa timidité, il se compose un personnage médiatique hors norme, toujours à la pointe de la provocation

Il lance des mots d'ordre artistiques à contre-courant de la mode. Par exemple, au début des années 30 : fini l'art nègre prôné par Picasso et certains surréalistes, vive les « objets décadents européens du Modern Style ».

Dali se met à confectionner des objets surréalistes avec du pain, se mettant à dos les plus révolutionnaires (pro-communistes) des surréalites qui voient dans ce geste un acte de défiance envers la pauvreté ouvrière.

Son activité artistique devient très intense avec les années. En 1932, Dali envoie des toiles en Amérique pour la première exposition surréaliste à New York. Il publie des poèmes, des scénarios de films tels « L'Age d'or », dont la première projection engendra la destruction de la salle de cinéma par les lignes d'extrême droite), et Babaouo, jamais tourné. Il réalise des projets de décors de ballets. Il fait paraître dans la revue artistique « le Minautaure » un article intitulé « De la beauté terrifiante et comestible de l'architecture Modern Style » et relance ainsi l'intérêt pour l'esthétique de 1900.

En 1932, son attention se porte sur l'étude d'une oeuvre de Jean François Millet, «L'angélus» Déja présente dans la demeure familiale durant toute sa jeunesse, cette toile vue sous l'angle paranoïa-critique lui évoque des sentiments obsessionnels troublants, un mélange d'érotisme et de mort. Il étudiera et reproduira plusieurs fois ce tableau, allant jusqu'à l'introduire dans sa propre iconographie.

Un autre thème majeur s'impose et persistera jusqu'à la fin de sa carrière, C 'est l'imagerie de Gala.

1934 - première divergence avec les surréalistes et andré Breton à propose de son tableau « L' énigme de Guillaume Tell.» puis à propos de ses positions ambigues sur Hitler ainsi que sur ses tendances Monarchistes. Dali est exclu des groupes de travail.

En 1935, dans un essai intitulé « La conquète de l'irrationnel, il définit son «activité Paranoïa-critique» et s'attaque à l'Art abstrait.

En 1936, il fait sa première exposition exclusive de ses tableaux à Londres, ainsi que la couverture du Time.

1937 - Dali écrit un scénario pour les Marx Brothers et se lie d'amitié avec Harpo. 1938 - En janvier, avec l'exposition internationale du surréalisme de Paris, le mouvement surréaliste est à son apogé, et bien que partiellement exclu du groupe, Dali y est présent comme «conseiller spécial ».

En juillet Dali réalise un vieux rêve : rencontrer Sigmund Freud, le pape de la psychanalyse.

1939 - Dali prépare sa prochaine exposition New Yorkaise car il sait que son avenir financier dépend de sa percée médiatique outre-atlantique.

En parallèle, il développe des projets de robes et de chapeaux pour son amie Elsa Schiaparelli. ( chapeaux cotellettes, encriers, chapeaux souliers, robes tiroirs)
Il réalise les décors pour les Ballets de Monté Carlo (Coco Chanel réalise les costumes)

En Amérique, Dali devient trés en vogue. Cependant face à des entraves puritaines, Dali publi le manifeste «Déclaration d'indépendance de l'imagination des droits de l'homme à sa propre folie»

«Quand, dans l'histoire de la culture humaine, un peuple éprouve la nécessité de détruire les liens intellectuels qui l'unissaient aux systèmes logiques du passé afin de créer pour son propre usage une mythologie originale, mythologie qui, correspondant parfaitement à l'essence et à la pression totale de sa réalité biologique, est reconnue par les esprits d'élite des autres peuples, alors l'opinion publique de la société pragmatiqe exige par égard pour elle que soient exposés les motifs de la rupture avec les formuules traditionnelles éculées ».



LES ANNEES 40 La renaissance ...



1940 - Face à la menace de Guerre, le couple Dali-Gala part en exile pour les États Unis ou ils s'installent en virginie chez leur amie et collectionneuse la millionnaire Caresse Crosby.

Les années 40 démontrent l'incroyable polyvalence de l'oeuvre de Dali. À l'automne, il retourne à New York pour la création du Ballet « Labyrinthe» pour lequel, il a conçu le livret, les décors et dessiné les costumes...
Il créé egalement des bijoux, redécore l'appartement d'Helena Rubinstein, collabore à la revue Vogue pour un numéro spécial «Savador Dali». Il écrit en trois mois son premier roman,Visages cachées réalises des pubs des décors...

Ces activités multiples gérées d'une main de fer par Gala sont trés rémunérateurs... le couple Gala-Dali devient trés riche et contrairement aux autres surréalistes exilés eux aussi, vit dans l'opulence et la luxe.

C'est à ce moment que Breton lanca le celèbre anagramme « Avida Dollar »

La période d'exile marqua définitivement la rupture avec le groupe surréaliste. Dali se redécouvre un intérêt croisant pour les influences classiques de la Renaissance et prone un message à contre courant de ses anciens amis. Fini le temps des expériences, retour au source de la peinture. Il réalise des «portraits officiels» de la noblesse Américaine. (rappelant les grands tableaux de Velasquez peigant la royauté) 1943 - Dali publie sa première autobiographie, condensé de vrais-faux souvenirs, anecdotes d'enfance qui constituent une pièce maitresse dans l'échiquier de la mythologie dalinienne.

Il fait la connaissance d'Eleanor et A. Reynolds Morse, deux amateurs passionnés d'art moderne, qui vont constituer la plus grande collection d'oeuvres de Salvador Dali qui est maintenant exposée au musée Salvador Dali Museum de Saint Petersburg, en Floride.


1946 - il collabore avec Walt Disney au film «Destino», dans lequel personnages et objets réels sont mélés à des personnages et décors déssinés (le film ne sera jamais terminé).

En parallèle, Dali travaille avec Alfred Hitchcock. il est chargé de la conception des décors de la scène onirique de « Spellbound, la maison du Dr Edwards ».

Il fait la connaissance du photographe Philippe Halsman et commence un collaboration étroite jusqu'à la mort de ce dernier en 1979.

De 1945 à 1949, Dali est comme toujours à l'affût de la moindre découverte et évolution de son temps. Exilé à cause de la guerre en Europe, son inspiration vient tout droit de son environnement américain, mélangée à ses souvenirs de Catalogne et des symboles de l'Amérique comme Coca Cola. Mais ce qui marque plus Dali c'est l'explosion de la première bombe atomique, le août 1945, à partir de laquelle il crée une nouvelle esthétique de fragmentation nucléaire.

C'est le début de sa période atomique. Il étudie les lois mathématiques, la théorie de la divine proportion, incluant le Nombre d'or. Ce nombre d'or (1,618) se retrouve dans le rapport des longueurs des surfaces et des formes : pyramides Keops, Parthenon, peinture de la Renaissance italiennne (Raphaël, Leonard de Vinci)

1948 - Parution de son essai « 50 secrets magiques» synthétisant 20 années d'experimentation picturale .


« Peintre, mieux vaut être riche que pauvre : apprend donc comment faire naître de ton pinceau l'or et les pierres précieuses. »

1949 - Dali et gala reviennent en Europe et peint ses premiers tableaux religieux. « Ne craint pas la perfection : tu ne l'atteindras jamais ! »

« Commence par apprendre à dessiner et à peindre comme les anciens maîtres. Tu pourras ensuite faire comme tu voudras, chacun te respectera. »

Si tu es de ceux qui croient que l'art moderne a surpassé Veermer et Raphaël, ne lis pas de livre et continue dans ta béate idiotie.»

« Pas de chef-d'oeuvre dans la paresse ! »

« La paresse et le manque total de technique actuels ont trouvé leur paroxysme dans la signification psychologique de l'usage courant du collage. »
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MessageSujet: Re: Dali   Mer 24 Jan 2007 - 13:17

Partie 3

LES ANNEES 50 - Période mystique nucléaire


L'année 1950 marque l'éclatement des thèmes daliniens. Après sa visite à Rome en 1950 et sa rencontre avec le pape Pie XII, Dali explore l'iconographie de la Renaissance avec ses thèmes religieux catholiques. Ne possédant pas la foi mais tout le mysticisme espagnol, il oriente sa peinture vers des thèmes célestes et sacrés, avec comme toujours comme personnage central Gala.

Toutes ces oeuvres sont basées sur des rapports mathématiques rigoureux et thèmes rappelant le sacré avec comme icône Gala. Dali fait la synthèse entre mystique nucléaire et classicisme et en énonce les grands principes dans le « Manifeste mystique » publié en 1951. Il veut peindre notre époque avec les recettes des grands maîtres du passé.

Depuis ses tous débuts en peinture, Dali a attaché une grande importance à la construction de ses tableaux. Fasciné par la dynamique de la spirale logarithmique, sa théorie paranoïa-critique l'a amené à étudier certains tableaux classiques sous l'angle mathématique. Faisant un parallèle (paranoïaque) entre ces courbes parfaites et la corne mystique du rhinocéros, symbole de puissance et d'érotisme, Dali va générer une nouvelle iconographie phallique.

Ce nouveau délire créatif va le conduire à l'analyse d'un tableau de Veemer qui le fascinait depuis son enfance, dans une esthétique cornue : « La dentellière ». Il en fera un sujet délirant de documentaire filmé : Histoire prodigieuse de la dentellière et du rhinocéros, publiera plusieurs articles et fera des conférences .

La notion de double qui conditionne tout un aspect de la vie et de l'oeuvre de Salvador Dali commence avec la mort pré-natale de son frère continue avec sa méthode paranoïa-critique décelant le double langage des choses, comme pour la fusion entre Veemer et la spirale logarithmique.

À la fin des années 50, Dali s'intéresse aux images en trois dimensions, travaille sur des oeuvres en relief et réalise une série d'oeuvres stéréoscopiques, des images doubles presque similaires qui observées simultanément deviennent, par la magie des lois de l'optique, une seule et même image avec une profondeur.

Dali développe également une nouvelle technique de peinture : le boultisme, ou peinture à l'arquebuse, par « éclaboussure immaculée ».

En 1954, c'est le début du tournage du film « Histoire prodigieuse de la dentellière et du rhinocéros » réalisé par Robert Descharnes.

En 1959, il présente à Paris de son invention : « l'Ovocipède ».

LES ANNEES 60 / 70


Toujours passionné par toutes les recherches scientifiques, Dali rapporte d'un de ses voyages outre-atlantique en 1962 le « monocle électrocular ». Destiné à l'aéronautique, cet appareil de prises de vues capte les images et les transmet par télévision à une lunette qui joue le rôle d'écran. Cette lumière était conçue de manière à permettre à l'oeil de distinguer l'image télévisée tout en continuant à voir normalement ce qui se trouve dans son champ visuel. La double vision est réalisée, un peu comme les visions provoqué par l'irritation de la rétine ou l'effet de drogue comme la mescaline, le LSD ou autres champignons hallucinogènes.

Dali s'intéresse également de proche à la cybernétique, science constituée par l'ensemble des théories relatives aux communications et la régulation dans l'être vivant et la machine.

L'oeuvre de Salvador Dali durant les années 60 est marquée par 2 tableaux majeurs, synthèses remarquables des techniques picturales passées et présentes : la Pêche aux thons (1966-67) et le Torero hallucinogène (1968-70).

La Pêche aux thons est le résultat de 40 années d'expériences picturales mêlant surréalisme, pointillisme, pop et op art, et l'art psychédélique.

On retrouve dans la dualité des images du Torero hallucinogène l'illusion d'optique et toute l'imagerie dalinienne, la mouche, Gala, la vénus, le thème de la mort, etc.

En 1963 paraît le « Mythe tragique de l'Angélus de Millet », suivi en 1964 du « Journal d'un génie ».

Durant le début des années 70, Dali se consacre à la création d'un musée dans sa ville natale, dans l'ancien théâtre de Figueras. Inauguré le 23 septembre 1974, on y retrouve dans un décor surréaliste, des reproductions de tableaux, des objets, une pièce trompe l'oeil. C'est un happening permanent, un véritable « ready made » dalinien.

En parallèle, Dali explore les nouvelles technologies modernes de l'image en trois dimensions et plus particulièrement les images holographiques. Il présente en mai 1973 son premier chrono-hologramme, technologie qu'il délaissera rapidement fautes d'avancées technologiques majeures dans ce domaine.

En 1978, c'est la première de son scénario de film Babaouo au théâtre du musée Dali, basé sur le livre paru en 1932.

Faute d'immortalité garantie, Dali croule sous les honneurs. En 1978, il est décoré de la Grande Croix d'Isabelle la Catholique, la plus haute distinction espagnole, et est élu à l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France comme membre associé étranger.


LES ANNEES 80 - "Dali est mort, vive Dali."



Se voulant le sauveur de la peinture moderne, Dali consacre les dernières années de son existence à l'étude de tableaux majeurs de Velasquez et de Michel-Ange sous différents angles esthétiques (Les Ménimes, l'Infante Marguerite, la Pieta).

Il se lance dans l'étude des phénomènes des catastrophes. Grâce aux travaux du mathématicien René Thom, l'inventeur de la théorie des catastrophes.

Terrifié depuis toujours par la mort, il recherche une solution pour son immortalité dans l'étude de l'hibernation.

Le 10 juin 1982, une catastrophe majeure s'abat sur un Salvador Dali déjà affaibli par son grand âge : Gala décède à l'âge de 87 ans, abandonnant Dali à la solitude. Dans le désespoir, Dali décide de se suicide par déshydratation, état facilitant d'après lui l'hibernation.


En 1983 il crée les parfums Dali pour homme et pour femmes et leurs flacons en forme de lèvres et de testicules. En mai de la même année, il peint son dernier tableau : La queue d'arronde.

Autre catastrophe presque fatale en 1984, presque grabataire, il échappe de justessse grâce à Robert Descharnes, son homme de confiance et d'affaires, à l'incendie de sa chambre à coucher provoquée par l'abus de l'interrupteur électrique lui permettant d'appeler ses infirmières. Dali est gravement brûlé et devient aphone.

Dali meurt le 23 janvier 1989. Il repose dans la crypte de son musée à Figueras. Par testament, il a légué l'ensemble de ses biens et de son oeuvre à l'État espagnol.

Dali est mort, vive Dali.
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MessageSujet: Re: Dali   Mer 24 Jan 2007 - 13:18

En complément, pou ceux qui se posent des questions...
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MessageSujet: Re: Dali   Mer 24 Jan 2007 - 13:21

Les grands concepts

La mort et les éléments terrorisants
Iconographie

Les sauterelles, les fourmis, le sang et les excréments sont pour Salvador Dali des éléments terrorisants. Loin d'en être fasciné ou d'en faire l'apologie, ces parties de son iconographie surréaliste des années 20 représentent tous les vecteurs de sa folie qui ont failli le terrasser dans sa jeunesse. Le spectre de la mort omniprésent, transfiguré dans des images d'insectes, de putréfaction, de formes molles, ne sont qu'un ensemble d'expérience morbides mal digérées de son adolescence.

L'une des premières expériences vraiment traumatisantes et décisives dans l'attitude et l'évolution psychologique de Salvador touche son rôle au centre même de la cellule familiale.

Dès son plus jeune âge, Dali fut confronté à un problème d'identité profond. Seulement 9 mois avant sa naissance, son frère idôlatré par la famille, prénommé lui aussi Salvador et à peine âgé de 21 mois, mourait d'une gastro-entérite infectieuse. Il est facile de comprendre toute la force du message, une naissance 9 mois après le décès d'un enfant. Dali s'est très longtemps considéré comme le remplacant d'un fils parfait, son double et son usurpateur à la fois, chargé de faire oublier la mémoire de son aîné. Ce poids psychologique énorme va conduire Dali à des excès qui le suivront toute sa vie et qui vont progressivement devenir son modus operandis et la clé de son succès.

La mort suit Dali tout le long de sa carrière et reste une préocupation contestante. La mort de sa mère en 1921 et de ses amis artistes, Garcia Lorca fusillé au début de la guerre d'Espagne et le suicide de René Crevel, poète surréaliste, sont d'autant d'éléments traumatisants rappelant la destinée de l'homme. Fasciné par les sciences, il ira même jusqu'à envisager de se faire cryogéniser, en attendant que la médecine ait vaincu la mort.

Afin d'exorciser ses peurs, Dali crée un délire contrôlé qui lui donne l'avantage sur ses terreurs et permet d'émouvoir les autres. Lorsqu'il peint, Dali filme son subconscient et son conscient. Ses tableaux sont profondément autobiographiques.

Ses toiles avec comme fond d'écran le paysage de sa jeunesse lèvent le voile sur les drames de son existence.

La méthode paranoïa critique

Avec la rencontre de l'amour de sa vie et, par là même, la canalisation progressive de tout ses troubles psychologiques, Dali, dès 1930, va définir une méthode de création qui lui restera propre durant tout sa vie.

Dali fait porter son attention sur les mécanismes internes des phénomènes paranoïaques et envisage la possibilité d'une méthode expérimentale basée sur les associations systématiques propres à la paranoïa. Cette méthode devait devenir par la suite la synthèse délirante-critique qui porte le nom d'« activité paranoïa-critique ». Dans La conquête de l'irrationnel (1935), il la définit comme « un délire d'association interprétative comportant une structure systématique. L'activité paranoïa-critique est en fait une méthode spontanée de connaissance irrationnelle basée sur l'association interprétative-critique des phénomènes délirants. La présence des éléments actifs et systématiques propres à la paranoïa garantit le caractère évolutif et productif propre à l'activité paranoïa-critique. Cela ne suppose pas l'idée de pensée dirigée volontairement, ni de compromis intellectuel quelconque. L'activité critique intervient uniquement comme liquide révélateur des images, associations cohérentes systématiques. L'activité paranoïa-critique est une force organisatrice et productrice de hasard objectif. C'est l'organisation systématique-interprétative du sensationnel matériel, expérimental, surréaliste, épars et narcissique.»


« Matérialiser avec la plus impérialiste rage de précision les images de l'irrationalité concrète, qui provisoirement ne sont pas explicables ni réductibles par les systèmes de l'intuition logique, ni par les mécanismes rationnels. »

Dali coordonne son inconscient et systématise et domine son délire par l'analyse. Donc, pour pénétrer l'oeuvre de Dali, il est impossible de faire abstraction des mécanismes particuliers qui régissent sa pensée pour rendre cohérent et continu son cheminement artistique. Il s'impose sans cesse une gymnastique mentale intense tout en exerçant un contrôle sur les obsessions destructrices latentes qui saturent son esprit.

Sa vision du surréalisme

Pour Dali, l'art ne se limite aux arts plastique ou l'écriture, il doit envahir la vie et se mêler de tout. C'est un art de vivre, ce qui fait de Dali un surréaliste de tous les instants. Son art déborde du cadre classique de l'art. Il étend son champ d 'investigation à tous les domaines de la création. Il crée des objets, des décors de théatres, de ballets mais aussi des vitrines de grands magasins, s'improvise rédacteur en chef de Vogue pour un numéro, il joue avec la mode, crée des robes, des chapeaux, des parfums, etc.

Toutes ces déclinaisons de son art représentent une manière agréable de canaliser son surplus d'énergie créatrice, de manière intelligente et lucrative. Cela lui permet aussi de sortir de son monde solitaire contrôlé par Gala qui le contraint à produire toujours plus.

Le Personnage Dali ou l'art de communiquer

Dali est sans conteste l'artiste moderne le plus en adéquation avec son art. Une attitude en parfaite cohérence avec son oeuvre. C'est l'art de l'exagération et de la provocation par essence.

Très tôt, Salvador Dali s'est imposé comme un provocateur né. C'est sa deuxième nature, comme un moyen d'affirmation de soi mais aussi comme un système d'attaque et donc de défense. Paradoxalement Salvador Dali était une jeune homme timide et mystérieux. Jouant des tours à ses parents et aux domestiques dès sa plus tendre enfance, progressivement Dali prit le parti d'être différent des autres, se voulant unique afin d'effacer le souvenir de son frère.

À la petite l'ecole, il était perçu comme un faible. Issu d'une famille bourgeoise, son père l'avait placé dans une école communale avec les « enfants du peuple ». Salvador fut mis à rude épreuve et découvrit ses premières phobies : les sauterelles que les enfants lui jetaient et qui provoquaient chez lui des crises de démence.

À l'École des Beaux Arts de Madrid, après une longue période de solitude, Dali, un peu malgré lui, réussit à se socialiser, passant du stade de l'animal curieux à l'égérie de l'académie, centre d'attraction des jeunes artistes. En effet, au-delà de son apparence extérieure non conventionnelle (cheveux longs, allure efféminée, longue cape et canne à la main), Dali démontra très tôt des dons exceptionnels pour la peinture et une connaissance pointue des oeuvres modernes avant-gardistes suscitant l'admiration des autres élèves. Avec ses nouveaux amis, comme Luis Bunüel ou Garcia Lorca, il va développer un état d'esprit contestataire en parfaite adéquation avec les mouvements artistiques modernes de son époque (les futuristes, les cubistes, les dadaïstes, etc.). Cependant, il faudra attendre l'intervention constructive de Gala pour voir apparaître le vrai Dali, sûr de lui et démentiel qui ne laissera plus personne indifférent.

Dali, tout au long de sa vie, s'est efforcé de forger lui même son mythe et de camper son personnage à un niveau excessif. En 1923, ayant provoqué des troubles à l'université en contestant violemment la capacité de ses professeurs à le noter, Dali est expulsé pour un an. Durant la même année, il est accusé d'avoir brûler le drapeau national et emprisonné 35 jours pour motifs politiques - plus ou moins démontrés - ce qui fait de lui un héro régional au grand déshonneur de son père.

En 1926, il est définitivement expulsé de l'académie pour avoir contesté la nomination d'un nouveau professeur, ruinant ainsi tous les espoirs de son père de voir son fils devenir enseignant.

Lentement, l'élève timide, au contact de ses aînés surréalistes, s'affirme comme un leader tenace mais aux motivations très individualistes. Plus tard, son goût de l'opposition systématique l'opposera souvent violemment au pape des surréalistes, André Breton, jusqu'à se faire exclure du mouvement surréaliste en 1939.

Le mode d'ordre est clair : il faut scanDALIser, créer l'effet de surprise, refuser tout compromis politique, religieux, social. Dali a compris que la conquête du succès passe par l'esbrouffe et qu'il faut être remarqué, sortir du lot, jouer avec l'effet de surprise et l'inattendu. Sa vie en société est un perpétuel happening.

« L'unique chose dont le monde n'aura jamais assez est l'exagération ».

Avec l'expérience, Dali est devenu un communicateur hors pair maîtrisant son personnage, l'art de la mise en scène, dramatisant la moindre de ses communications. En bon publiciste, il lance des slogans, des théories. il s'est forgé une image, un look, un langage à l'accent pointu.
Il assume ses fantasmes et son culte de l'argent. Il adopte des positions politiques ambiguës à tendance monarchiste. C'est un artiste mais il fréquente la noblesse, reniant et trahissant sa caste (bourgeoisie) et son environnement artistique (anarchistes communistes).

Il joue le contrepied en permanence. Il se dit le seul surréaliste, mais prône le retour au classicisme de la renaissance et développe une iconographie religieuse dans les années 40-50.

Dali est excessif : son amour pour Gala, ses relations familiales, ses positions politiques, les critères de son art, son interprétation de l'histoire, ses opinions sur les autres artistes, sur la science, tout est excessif même dans ses manifestations extérieures.

Armé d'une ambition immodérée, il se veut éternel. Cependant, il faut voir au-delà de l'excentricité du personnage un homme prodigieusment doué qui recherche par tous les moyens, avec obstination, à communiquer son message :
« rendre visible l'invisible, l'autre face de nous-mêmes et de l'univers ».

Dali était très instruit et fasciné par la science, la philosophie et la psychologie. Très conscient de ces actes, il a su mêler tous ces éléments pour devenir l'artiste absolu de la décennie.

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MessageSujet: Re: Dali   Mer 24 Jan 2007 - 13:22

Quelques éléments caractéristiques

La technique

Durant ses années d'études dans différentes écoles d'art, Dali acquit des connaissances solides et une maestria technique qui lui permit de jouir de toutes les ressources esthétiques de la tradition classique, tout en laissant parler les forces les plus secrètes de son subconscient.
« Commence par apprendre à dessiner et à peindre comme les anciens maîtres » dit-il, « tu pourras ensuite faire comme tu voudras, chacun te respectera ». « Pas de chef-d'oeuvre dans la paresse ! ».

La force de Salvador Dali est qu'il ne cessa jamais d'expérimenter de nouvelles techniques de peinture, par exemple le boultisme dans les années 50, projection de peinture sur la toile à l'aide d'une arcbuse, mais aussi de constamment revenir aux sources de la peinture en étudiant assidûment les grands maîtres. Faire table rase du passé oui, mais après l'avoir assimilé...

En 1948, il livre au monde au travers son livre « 50 secrets magiques » l'ensemble de ses expériences majeures sur sa technique, synthétisant 20 années apprentissage.

Salvador Dali était doté d'une curiosité universelle, ce qui le rapproche beaucoup des artistes de la Renaissance comme Léonard de Vinci. « Les mâchoires de mon esprit sont en mouvement perpétuel ».


Les influences

Dès l'âge de 13 ans, il se disait peintre impressionniste, c'est-à-dire anti-académique et révolutionnaire. Pour réinventer ce style, Dali s'est créé un instrument, un bouchon dépareillé de carafe en cristal à travers lequel tout devenait impressionniste.

Dès son plus jeune âge, grâce à une éducation familiale libérale, il découvre les oeuvres des grands maîtres de la renaissance mais aussi des peintres avant-gardistes de son époque (ointillites, futuristes, cubistes). Ses tableaux de jeunesse sont empreints de techniques issues des artistes tels que Picasso (reprise de ses thèmes et formes) et Juan Gris.

C'est à la fin des années 20 et durant les années 30 que le style surréaliste dalinien va s'affirmer pour devenir reconnaissable au premier coup d'oeil grâce a une iconographie répétitive et choquante.

« Tout influe sur moi, rien ne me change ».

En vieillissant, Dali se veut le seul et unique vrai peintre surréaliste et n'est pas tendre pour ses confrères qu'il considère pour la plupart comme des barbouilleurs sans technique. Seul Picasso, qu'il a soignement étudié dans les années 20, lui semble de sa trempe.

Dans les années 40, la peinture de Dali semble prendre un tournant majeur, laissant figurer l'abandon du surréalisme pur tel qu'il l'avait développé durant les 15 dernières années.
Suite à une visite des grands musées en Italie, Dali redécouvre l'art des grands maîtres, la Renaissance. Tout comme son compatriote espagnol Vélasquez 500 ans auparavant, il va étudier les techniques révolutionnaires et excessivement complexes de la peinture du 15ème siècle.


Mais pourquoi, au-delà du challenge technique, Dali est-il attiré par cette époque ?

En fait, Dali se sent très proche de coeur et d'esprit des génies de ce temps des lumières. Au XV siècle, l'Italie vit une révolution psychologique qui va influencer artistiquement progressivement tout le vieux continent. Les mouvements humanistes désireux de redécouvrir la culture de l'antiquité (études grecques), mais aussi assoiffés de savoir et de liberté prennent le pas sur la culture dominante rétrograde du moyen âge.

« L'Homme se différencie du barbare par sa culture, seul le savant est vraiment un homme ». Rabelais

La Renaissance est une période de recherche et de grandes découvertes - l'Amérique, l'imprimerie, la comptabilité - où les idées de liberté et la foi dans la loi naturelle sont valorisées.

Sur le plan des arts, la Renaissance représente une révolution dans la conception de l'espace plastique et des rapports de l'homme et de la nature. La découverte des règles de la perspective et des proportions mathématiques bouleversent la représentation figurative.

L'esprit Renaissance dans tout son aspect «fièvre intellectuelle» fascine Dali. Au regard de l'évolution contemporaine de la technologie - la fission de l'atome, la recherche spatiale, la cybernétique - Dali semble revivre cette sensation d'accélération.

En regardant de proche l'évolution artistique de Salvador Dali, on ne peut s'empêcher de faire un parallèle avec les grands peintres de cette époque (Vélasquez, L. de Vinci, Raphael, Veermer). Dali semble attiré par ces peintres, proches des hommes influents (cour du roi, noblesse, pape), et par certains aspects reproduit ce meme schéma quant il peint la haute noblesse américaine et les puissants du monde contemporain (posture classique, à cheval, etc.).
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MessageSujet: Re: Dali   Mer 24 Jan 2007 - 13:24

Les grands thèmes

Les béquilles

« Chaque dalinien devrait posséder sa béquille personnelle comme une baguette magique ».
Dès son plus jeune âge, Dali adopta la canne comme objet de jeu issu d'un costume de Roi Soleil qui progressivement devint un élément indispensable de son pesonnage. Pour lui, elle a toujours incarné l'autorité, le mystère et la magie. Il transcende ce simple objet en un véritable totem de puissance et de pouvoir, vecteur d'assurance et d'arrogance.

« La béquille figure d'abord la réalité, la fixation au sol du réel qui garde en équilibre le monstrueux développement de la sexualité cérébralisée et de l'intelligence imaginative gonflée de sexuel ». Elle est un « contenant tenu en même temps que contenu » dont la signification vécue vient de lointains souvenirs d'enfance où la béquille a joué pour Dali un rôle de gloire, d'amour et de mort.

La canne/béquille est l'élément central du fétichisme dalinien. L'aspect sexuel de l'objet n'est pas non plus négligeable.


Le mou et le dur

En opposition par nature, ce concept illustre bien la dualité du personnage Dali. Le mou, c'est la déliquescence, la putréfaction, la mort, le temps qui passe (persistance de la mémoire). Le dur c'est la stabilité, illustré par les rochers de Port Ligat, refuge et lieu de rêveries.


Les paysages

« La nature aime se cacher».
Une des constantes d'un tableau peint par Salvador Dali est la place prépondérante du paysage . Imagerie rassurante de son enfance, les rochers du cap de Creus ou de port Ligat, lieu où il vécut toute sa vie, ne cesseny d'être un sujet d'inspiration pour l'artiste. Ces structures contortionnées offrent un spectacle sans cesse renouvelé laissant à l'imagination humaine une interprétation changeante.
Au gré du temps, la nature se transfigure et se métamorphose à vue d'oeil.


La peinture et la mathématique (pour 127 Wink )

Fasciné par les sciences en général et toutes les découvertes majeures de son temps (bombe atomique, ADN, cybernétique), Dali redécouvre, à partir des années 40, les lois mathématiques qui régissent l'équilibre, le beau, la proportion divine, le Nombre d'Or.

Ce nombre d'or (1,618) se retrouve dans le rapport des longueurs des surfaces et des formes. On trouve ces calculs dans l'élaboration des pyramides Keops, du Parthénon, et la peinture de la renaissance italiennne (Raphaël, Leonard de Vinci).


Obsession de la corne de rhinocéros

Grâce à sa méthode paranoïa-critique, dans les années 50, Dali découvre un nouveau centre d'intérêt artistique : la corne de rhinocéros. D'une symbolique sexuelle évidente (aphrodisiaque, puissance), Dali se prend de fascination pour cette animal et son attribut mystique, et lui découvre des vertus de proportion divine. En analysant son cheminement artistique et social, Dali constate que très jeune il fut stimulé par la présence de cet animal (adoration pour une table en ivoire, adoration de la canne au pommeau d'ivoire de rhino comme élément fétichiste, croyance mystique, sceptre de pouvoir). Dans son oeuvre, il retrouve également la présence constante de cette forme géométrique



Dernière édition par le Mer 24 Jan 2007 - 14:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dali   Mer 24 Jan 2007 - 13:27


Découverte de l'Amérique
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kjbac

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MessageSujet: Re: Dali   Mer 24 Jan 2007 - 17:22

Je vois avec plaisir que tu as fini par le faire ton sujet sur Dali.... j'ai tout lui, c'est très intéressant.Wink

La Gare de Perpignan, centre du monde selon Dali.

Salvador Dalí, inspiré par sa visite du 27 août 1965, déclara que la façade de la gare de Perpignan était le « centre cosmique du monde ». Il désigna aussi sur le parvis de la gare un "chou".





« C’est toujours à la gare de Perpignan, au moment où Gala fait enregistrer les tableaux qui nous suivent en train, que me viennent les idées les plus géniales de ma vie. Quelques kilomètres avant déjà, au Boulou, mon cerveau commence à se mettre en branle, mais l’arrivée à la gare de Perpignan est l’occasion d’une véritable éjaculation mentale qui atteint alors sa plus grande et sublime hauteur spéculative. »

_________________
Parce que moi ça y est, j'ai les nerfs qui commencent à vriller ! Je vous montre : moi je bondis comme ça, et je vous arrive dessus en piqué diagonal. Et là c'est l'hymne à la cruauté, hein, un autel dressé au culte de la barbarie !
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MessageSujet: Re: Dali   Mer 24 Jan 2007 - 17:51

Voilà sa vision
On y retrouve le thème récurrent de l'Angélus de Millet
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kjbac

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MessageSujet: Re: Dali   Mer 24 Jan 2007 - 18:25

Effectivement. Je ne connaissais pas.

Citation :
Tout comme La Joconde, L'Angélus a été représenté un nombre incalculable de fois, sur des calendriers des Postes, des canevas, des meubles, des cahiers d'écolier, etc. Il est devenu une sorte d'îcone de la peinture populaire.


_________________
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MessageSujet: Re: Dali   Mer 24 Jan 2007 - 18:42



La récurrence du thème encore (Cliquer pour agrandir)
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MessageSujet: Re: Dali   Mer 24 Jan 2007 - 18:50

C'est Dali toutes ces oeuvres ?

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MessageSujet: Re: Dali   Mer 24 Jan 2007 - 18:54

Oui
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MessageSujet: Re: Dali   Mer 24 Jan 2007 - 18:57

Il avait un grain quand même......^^

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